Muilu Marie (Congo)

Héroïne de la foi Kimbanguiste

muilu-marie-2.jpgMaman Muilu Marie Kiawanga Nzitani est née le 7 mai 1880 de Papa Mfuka, du village de Nkamba en République Démocratique du Congo, et de Maman Tuba, du village de Kingombe. La jeune fille a été mariée pour la première fois par Ndompetelo Mpata Mia Mbongo, cousin de Simon Kimbangu. Ils vécurent ensemble durant des années et eurent une fille du nom de Nkitudia Nelly. Plus tard, lorsqu’il sentit sa mort proche, Ndompetelo fit appeler Simon Kimbangu et lui dit :

"Simon, je suis ton cousin. Je sens que je vais bientôt mourir, et c’est pour cela que je te recommande de ne jamais épouser aucune autre femme que Muilu Marie. C’est moi ton cousin qui l’ai décidé ainsi, car je ne veux pas que Marie et ma fille soient désorientées. C’est pour cela que je jure en ce jour et te recommande Marie Muilu, je te la confie pour qu’elle soit ton épouse". 

Après la mort de Mr. Ndompetelo, les anciens du village se réunirent pour étudier les dernières volontés du défunt et voir comment les appliquer. Toutes les modalités furent arrêtées et il y eut une dot pour le deuxième mariage de Marie Muilu qui devint la femme de Simon Kimbangu et sa fille Nelly Nkitudia devint la fille adoptive de Simon Kimbangu. Simon Kimbangu qui avait au départ songé à épouser une certaine Mademoiselle Mbangi, préféra donc accomplir les dernières volontés de son cousin. C’est ainsi qu’en 1913, Papa Simon Kimbangu épouse coutumièrement Muilu Marie et le 4 juillet 1915, juste après leur baptême, le couple se marie religieusement. La cérémonie du baptême se déroule à Ngombe-Lutete et celui du mariage au village de Masangi, célébrée par le diacre Kusandanga de la Baptist Missonary Society de Ngombe- Lutete.

Aux alentours de 1918, Papa Simon Kimbangu monologuait souvent dans son sommeil. Un jour, Maman Muilu interrogea son époux en disant: «Pourquoi parles-tu dans ton sommeil ? ». Ce dernier répondit en disant que Jésus-Christ lui confiait une très grande mission. A ces mots, Maman Marie l’encouragea et lui fit la promesse de le soutenir quoi qu’il advienne. Ainsi, le 5 avril 1921 exactement, Papa Kimbangu dit à son épouse que le lendemain elle devra faire retentir la cloche avant que le culte matinal ne commence. Et en effet, Maman Muilu Marie fit retentir la cloche pour la première fois le 6 avril 1921 à 6h du matin. Mais le 12 septembre 1921, un évènement viendra bousculer à jamais la vie du couple Kimbangu. Papa Simon est arrêté par l’autorité coloniale belge. Commence alors pour Maman Marie et ses enfants, Kisolokele Charles Daniel, Dialungana Salomon et Diangienda Kuntima Joseph, une période très difficile. Le 15 septembre 1921, ils sont tous arrêtés puis séparés. L’aîné, Kisolokele, est Si nous avons coutume de reconnaître l’impact et la présence de grandes femmes dans la vie des grands personnages de l’Histoire, peu portent à leur connaissance que derrière le charismatique et remarquable personnage de l’Afrique qu’était Simon Kimbangu, prophète et père-fondateur de l’Eglise kimbanguiste, se cachait une femme de haute estime, Muilu Marie. En effet, alors qu’il avait été emprisonné par les autorités coloniales belges, sans la présence et la persévérance de son épouse Muilu Marie Kiawanga Nzitani, l’Eglise kimbanguiste n’aurait peut être jamais vu le jour.  Envoyé à Boma et Maman Muilu en compagnie des deux autres enfants, Dialungana et Diangienda, sont assigné à Ngombe Kinsuka à N’Kamba. 

Le 3 octobre, un jugement est rendu à l’encontre de Papa Simon Kimbangu le condamnant à mort. Avant son incarcération, Papa Simon Kimbangu demanda à voir sa femme et ses enfants. C’est en ce jour du 10 octobre 1921 qu’il confia à Maman Muilu la mission de préserver l’église et de veiller sur ses fidèles. Depuis ce jour, Maman Marie devint officiellement responsable de l’église. Durant sa mission, elle fit preuve de beaucoup de courage car en dépit de l’interdiction formelle de se rassembler en des lieux de prières, elle organisait clandestinement des rencontres à Ngombe Kinsuka, et ce, depuis l’arrestation de Papa Simon Kimbangu jusqu’à sa mort c’est-à-dire de 1921 à 1959. On rapporte au sujet de Maman Muilu Marie qu’elle était une femme remarquable, dotée d’un amour vrai et toujours prête à aider son prochain. Elle avait le sens de l’hospitalité bien qu’il leur manquait à elle et à ses enfants de quoi se vêtir, de quoi se mettre sous la dent et malgré les mauvais traitements que les missionnaires belges lui infligeait. On la disait très forte moralement et spirituellement et que sa foi lui permit de surmonter toutes ces épreuves difficiles. Le 12 avril 1959, Maman Muilu octroie les cartes de catéchistes aux premiers responsables de l’Eglise Kimbanguiste dans le but de poursuivre cette oeuvre. Le même jour elle délégua le pouvoir de diriger l’église à son fils Diangienda. Quinze jours plus tard, le 27 avril 1959 exactement, Maman Muilu rend son dernier souffle et se fait enterrer après deux jours à Ngombe Kinsunka, soit le 29 avril 1959. Elle aurait dit un jour : « Si je ne pars pas, cette situation ne changera guère ! La parole de Dieu doit s’accomplir !" Et en effet, c’est après son décès que l’Église kimbanguiste fut reconnue officiellement par l’État colonial belge. C’était le 24 décembre 1959. 

Lumière sur le Kimbanguisme (www.kimbanguisme.net) 

L'histoire du Kimbanguisme commence le 06 avril 1921. A cette date, la population de N'kamba et environs assiste à un évènement qu’ils qualifient d’ acte de puissance divine : Dieu, en Simon Kimbangu, aurait guéri une femme agonisante répondant au nom de N'kiantondo. Cette nouvelle se répand comme une traînée de poudre. Depuis, des foules ne cessèrent d'affluer à N'kamba : les uns pour bénéficier d'une guérison et les autres pour "faire le Saint Thomas".

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Ainsi Simon Kimbangu a guéri des malades, fait marcher des paralytiques, donné la vue aux aveugles, fait entendre les sourds et a ressuscité des morts. Il est à noter que tout au long de son ministère, Simon Kimbangu ne s'est lassé de prêcher l'Evangile et s'est toujours déclaré être l'envoyé de Jésus-Christ. Ce Ministère de Kimbangu qui a pu s'attirer le capital affectif des indigènes (car quel est ce noir, à cet époque et vivant dans les environs, qui pouvait se permettre de laisser passer outreles bruits dont N'kamba faisait écho) sera mal perçu par :


1º les missionnaires qui voyaient leurs chapelles se vider.
2º Les commerçants qui ne pouvaient plus faire de bonnes recettes car la plupart de gens est allé à N'kamba.
3º L'administration coloniale qui craignait une subversion politique.

Car Simon Kimbangu a déclaré : "le noir deviendra Blanc et le blanc, noir". A ses proches, il signifia que ce langage énigmatique voulait simplement dire qu'un jour viendra où les noirs auront à être des maîtres dans leurs pays respectifs et édicteront des lois que des blancs obéiront aussi. Comme dans la logique de la colonisation, une prise de conscience de l'infériorité imposée aux colonisés n'était pas permise tout comme aussi toute forme d'affront à son système, cette triade coloniale accusera Kimbangu de tout et de rien. Une mission d'enquête sera dépêchée à N'kamba en mai 1921 dirigée par Léon Morel, administrateur territorial de Thysville/ Mbanza-ngungu. Morel revient à N'kamba, pour la deuxième fois, le 06 juin 1921 dans l'intention d'arrêter Kimbangu. Cette mission se soldera par un échec car, Simon Kimbangu parviendra à s'enfuir et séjournera à Mbanza-Nsanda d'où il coordonnera les activités pour le temps restant de son ministère public. Après que Morel eut fait son rapport sur l'échec qui a résulté de sa mission, l'administration coloniale prit un train de mesures radicales pour faire face au kimbanguisme. Des actions de police furent entreprises et de nombreuses arrestations de kimbanguistes eurent lieu pratiquement sur l'ensemble du Bas-Congo. Après cinq mois d'intenses activités, le ministère public de Simon Kimbangu s'acheva le 12 septembre 1921.

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A cette date, Simon Kimbangu et tous ceux qui lui étaient restés attachés, se rendirent à N'kamba pour que l'administrateur territorial Snoeck procède à leur arrestation. Ils furent, de ce fait, acheminés à Thysville/Mbanza-ngungu pour le jugement où des condamnations variant de la peine de mort à des détentions de plus ou moins longues durées furent prononcées à leur compte. Simon Kimbangu, lui-même, fut condamné à mort mais sa peine fut commuée en détention perpétuelle par le roi des Belges Albert 1er. Il purgea sa peine pendant 30 ans en prison à Lubumbashi où il mourut le 12 octobre 1951. D'autres condamnés furent déportés loin de leurs contrées d'origine. Il est à souligner que les arrestations ne se limitèrent pas à la date du 12 septembre. On estime à 37.000 le nombre de familles déportées soit 150.000 personnes reléguées dans différents camps de concentrations notamment Lowa, Belingo. Le sang des martyrs étant la semence de l'Eglise, le kimbanguisme ne s'estompa pas à ce niveau. Il continua, par contre, à évoluer dans la clandestinité. Entre-temps, se faisait sentir la nécessité d'une institutionnalisation du mouvement étant donné que la plupart ceux qui s'étaient déclarés disciples de Kimbangu vivaient dans un état d’excommunions dans les confessions où ils appartenaient. Cette institutionnalisation se justifiait aussi dans la mesure où, devant la diversité de tendances qui se réclamaient de Simon Kimbangu, un besoin d'unification et de clarification se présentait. Son Eminence Diangienda Kuntima, fils cadet de Simon Kimbangu s'y pencha deux ans après la mort de son père. Ceci amena, plu tard, le mouvement à se transformer en une Eglise dont la reconnaissance officielle intervint quand le gouvernement colonial belge est revenu à ses mesures d'abrogation du kimbanguisme prises en 1937, soit le 24n décembre 1959. Par ce fait, le gouvernement coloniale belge reconnut le culte kimbanguiste.Un an auparavant, les kimbanguistes du Congo/Brazzaville où l'autorité coloniale avait tôt assoupli la répression, pouvaient déjà inaugurer le premier temple kimbanguiste. Mais, il faut attendre 1974 pour que le gouvernement colonial portugais fasse le même geste à l'égard des kimbanguistes en Angola. 

Le kimbanguisme, véhiculé désormais par l'Eglise kimbanguiste, profita de cet assouplissement pour déployer ses virtualités. la mission n'étant seulement de sauver les âmes - bien que cela soit primordiale - mais l'Homme dans son intégralité, l'Eglise kimbanguiste s'intéressa aussi à concrétiser des projets permettant l'épanouissement de l'homme. Ainsi conçut-elle sa mission comme une évangélisation ayant comme corollaire le social (éducation, santé, etc.). Aujourd'hui, l'Eglise kimbanguiste n'est pas seulement présente au Congo (pays d'origine) mais aussi dans d'autres pays d'Afrique et d'autres continents comme en Angola, au Congo/Brazzaville, en Zambie, au Centrafrique, au Burundi, en Afrique du Sud, au Nigeria, au Kenya, au Cameroun, au Gabon, au Sénégal, en Côte d’ivoire en Belgique, en France, aux Pays-Bas, en Suisse, en Espagne, en Finlande, en Allemagne, en Angleterre, en Suède, en Irlande, en Italie, au Portugal, au Canada, au Brésil et aux Etats-Unis. Les statistiques estimaient en 1981 à plus de cinq millions, le nombre de kimbanguistes répartis à travers le monde. Il est à noter que l'Eglise kimbanguiste est, depuis 1969, membre du conseil oecuménique des Eglises.

Natou

Sources :

http://www.kimbanguisme.net
« La généalogie de Simon KIMBANGU (sa vie dans la clandestinité et ses miracles) » de NSAMBU TWASILUA

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